Dans une vie de couple, le divorce n’est jamais une affaire simple. C’est, au mieux, un mauvais moment à passer…
Il est pourtant des divorces qui sont… comme inscrits dans le couple dès le moment de son mariage, tant l’union de ces deux personnes peut rendre… perplexe.
D’un mariage… de courte durée
François Sales BEIL voit le jour à Stetten[1], dans le Grand-Duché de Bade (actuelle Allemagne) le jeudi 25 janvier 1866. Fils naturel non reconnu d’une certaine Catherine BEIL, il obtient la nationalité suisse à la veille de ses dix-sept ans, le 8 janvier 1883, et s’installe à Bâle.
Onze ans plus tard, on le retrouve à Reims. Il y exerce le métier d’employé de commerce et habite au n° 21 de la rue Coquebert, une rue proche du centre-ville.
Marie Léonie Pauline NOTTELET, quant à elle, vient au monde à Reims le lundi 9 février 1874. Elle est la fille d’Auguste, vingt-six ans, employé de commerce, et de Joséphine Emma AUBIN, âgée de vingt-quatre ans.
En 1892, la jeune fille et ses parents habitent toujours à Reims, également au n° 21 de la rue Coquebert.
François et Léonie se marient à la mairie de Reims le samedi 4 juin 1892. Il a vingt-six ans, elle en a dix-huit. C’est l’adjoint au maire Albert JOLLY qui célèbre leur union. Les parents de Léonie sont présents.
Ce mariage est de courte durée. Le 2 août 1893, Léonie quitte le domicile conjugal[2], pour une raison que le jugement ne précise pas. Elle ne reviendra que courant 1894. Pendant ce temps, François retourne à Bâle…
A un divorce rapide
Le 9 janvier 1895, moins de trois ans après leur mariage, François demande le divorce. Citoyen bâlois, il effectue cette démarche auprès du tribunal civil de Bâle.
Mais si les époux sont bel et bien divorcés selon la loi suisse, ils restent mariés au regard de la loi française. Pour que le jugement rendu à Bâle soit exécutoire en France, une nouvelle démarche est nécessaire. Heureusement, le traité franco-suisse du 15 juin 1869 facilite une telle demande.
Pour être légalement divorcée de son époux, Léonie NOTTELET doit simplement en faire la demande auprès du tribunal civil de Reims, ce qu’elle fait le 9 mai 1895, par la voix de son avocat, Me Jules ROME.
A la lecture des pièces du dossier, le président du tribunal confirme le jugement rendu à Bâle et ordonne sa transcription sur les registres de l’état civil de Reims.
Ainsi, en moins de trois ans, François BEIL et Léonie NOTTELET ont été mariés, séparés, puis divorcés. Un record peut enviable…
Pour l’anecdote, il semble que François BEIL ne soit pas parti les mains vides de Reims. En effet, le tribunal de Bâle l’a condamné à verser à sa désormais ex-femme la somme de 2 200 francs et à lui rendre « divers objets mobiliers ».
Notes
[1] Il existe aujourd’hui plusieurs villes portant ce nom dans le Bade-Würtemberg. La localisation du lieu de naissance de François BEIL ne peut être plus précise, faute d’informations complémentaires.
Cet article a été rédigé dans le cadre du challenge UPro-G 2026 proposé par l’UPro-G sur le thème « un divorce ».